L’intolérance, encore et encore

par Edouard Ferreira

Selon un vieux dicton, la musique adoucit les mœurs. Elle aurait des vertus éducatives, apaisantes, antistress, fédératrices, et bien d’autres. Les bienfaits de la musicothérapie sont nombreux. La chanson bien rythmée de Francis Cabrel, « Encore et encore », va jusqu’à vous emporter dans un rock jouissif. Malheureusement, nous venons d’entendre une autre musique, une autre chanson. L’antisémitisme confirme sa marque déposée.

Encore de la haine, encore de la violence, « Encore et encore » n’a plus le même sens, le même bienfait. Triste réalité que celle de se prendre à chaque fois une grosse gifle. La France, République laïque de tolérance et fraternelle, de nouveau souillée, n’échappe pas aux méfaits et aux nuisances nauséabondes du racisme.

A l’ère de l’intelligence artificielle, nous avons plus à craindre de la bêtise humaine et de ses horreurs que de celle-ci. Un cancer, on le combat. On connaît sa force destructrice. On en guérit ou on en meurt. La lutte est souvent inégale et impitoyable mais quelle que soit son issue, il en existe une. L’antisémitisme est un fléau d’intolérance abjecte, un cancer dont les défenses immunitaires font preuve d’inefficacité totale devant son acharnement et une haine pathologique. Il se nourrit d’une histoire multiséculaire, cultivée au fil du temps par une hostilité viscérale envers les Juifs.

Notre pays traverse une période de mal-être et ne parvient pas à se débarrasser de ce mal décidément incurable et fort douloureux. S’il y a bien un domaine où la médecine traditionnelle est compétente, c’est celui de faire taire la douleur en assommant un patient à coup d’antalgiques ou de morphine pour calmer ses souffrances. Mais là, rien n’y fait. Le racisme est un mal profond vieux comme le monde viscéralement transmissible, une infection purulente, exacerbant une animosité nuisible et maladive impossible à calmer, à endiguer; un combat sans fin.

En s’affirmant perpétuellement comme une doctrine dangereuse et fallacieuse, le racisme que l’on croyait d’un autre âge vous glace le sang et ne cesse d’entacher l’humanité avec ses frasques malsaines. Au besoin, les boucs émissaires ne manquent pas. Sempiternellement, l’Etranger est la victime idéale, le responsable de tous les maux du pays. On met trop rapidement sur le billot tous ces étrangers qui ont fait la France, participé à sa défense, à sa libération, à sa reconstruction, à sa grandeur, à ses valeurs. Perte de mémoire, de reconnaissance ou orgueil nationaliste ? Le devoir de réagir avec une puissante énergie incombe à toute la société. Les réactions, les appels sont sans équivoque tous unanimes, tous solidaires, tous unis contre la stigmatisation et l’intolérance. On revit perpétuellement le même film, la même chanson…

 « C’est toujours le même film qui passe… » « Et ça continue encore et encore… »