Auvergne laïque, dernière édition / DOSSIER

Pierre et Marie Curie

Marie Curie

Pour Pierre et Marie Curie point de Santo subito ! Pierre est mort accidentellement en 1906, Marie en 1934. La cérémonie se déroule en présence du Président de la République polonaise, Lech Walesa, figure emblématique du syndicat Solidarnosc. C’est dans un nouveau contexte européen, que le Président François Mitterrand rend hommage à deux grands savants dont une de ces étrangères qui ont fait la France (cf Pascal Ory, directeur de rédaction du Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France). Née à Varsovie en 1867, Maria Sklodowska poursuit en France des études de mathématiques et de physique à la Sorbonne couronnées par une thèse de doctorat soutenue en 1903, époque à laquelle moins de vingt jeunes femmes fréquentent les bancs de l’université dans les disciplines scientifiques.

Reprenons des extraits du discours de François Mitterrand :

« En transférant les cendres de Pierre et de Marie Curie, dans le sanctuaire de notre mémoire collective, la France [...] affirme sa foi dans la science, dans la recherche, et son respect pour celles et ceux qui y consacrèrent, comme naguère Pierre et Marie Curie, leurs forces et leurs vies. La cérémonie au Panthéon prend un éclat particulier puisque entre au Panthéon la première femme de notre histoire honorée pour ses propres mérites[...] Dès l’enfance Marie résiste : Elle veut gouverner sa vie et se faire un destin[...] Elle épouse Pierre Curie en 1905 : [...] Bien des choses les rapprochent [...]une même mystique de la science, un commun souci de la justice sociale, un même goût littéraire pour les romans de Zola [...] l’amour de la nature, le sens du désintéressement matériel et de la liberté »

Prix Nobel de physique en 1903 avec Henri Becquerel, marie, professeure à la Sorbonne s’associe à l’Institut Pasteur pour créer l’Institut du radium qui va développer les applications de la radioactivité dans les champs de la biologie et de la médecine.

 Décision unique dans l’histoire de l’institution, elle obtient un second prix Nobel en chimie en 1911 au moment où en France, elle est l’objet d’une violente polémique xénophobe à la suite de la révélation de sa liaison avec un de ses collègues. Tout est bon pour traîner dans la boue la femme, la scientifique dont les talents font enrager des médiocres qui lui refuseront l’entrée à l’Académie des sciences ! La guerre révèle son esprit de solidarité, de courage, de générosité ; elle crée « les petites Curie » pas moins de 200 postes fixes et une vingtaine de voitures, au plus près des combats pour sauver des vies, empêcher des amputations inutiles.

Et le Président de la République de reprendre : »Mais il est un autre symbole qui retient ce soir l’ attention de la Nation [...] celui du combat exemplaire d’une femme qui a décidé d’imposer ses capacités dans une société qui réserve aux hommes les fonctions intellectuelles et les responsabilités publiques [...] je forme le vœu au nom de la France que partout dans le monde progresse l’égalité des droits des femmes et des hommes tant l’exemple que nous venons de décrire à l’instant démontre cette distinction et cette sorte de préférence accordée depuis trente siècles, indigne et injuste d’une société civilisée »