Auvergne laïque, dernière édition / EDITO

Le temps au temps

par Édouard FERREIRA

Maurice Chevalier chantait dans l’insouciance des années folles « dans la vie faut pas s’en faire […] Tout ça s’arrangera  […]», un refrain légendaire laissant penser que rien dans la vie ne vaut la peine de s'inquiéter. Relativiser les coups durs ou conseil insouciant ; il y a de ça dix-huit mois la FAL aurait pu faire preuve de suffisance et d’égarement en poussant la chansonnette. Fortement affaiblie, elle a dû faire fi de sarcasmes acerbes, blessant les élus et salariés solidaires devant l’adversité. Sa nécrologie était déjà écrite mais n’en déplaise à certains, elle est toujours là. Il y a quinze mois, malgré les critiques sournoises et des allégations de disparition à très court terme, la FAL acculée dans ses responsabilités s’arrachait autant que faire se peut dans ses tâches, guidée par un appui juridique extérieur respectueux et rigoureux ; elle est toujours là. Il y a un an pour les vœux, non sans crainte légitime, la FAL posait les échafaudages et entamait les travaux de restauration de la maison, toute la maison. Le chantier devait répondre aux défis incontournables à son rétablissement. Aujourd’hui, les clabaudeurs malveillants se font encore plaisir bien inutilement car la FAL est toujours là, avec une santé retrouvée et maître de son destin. Avec le temps, du courage et de la persévérance, elle a fait preuve de patience et de rigueur. L’avenir est de nouveau plus visible et lisible. La FAL a fait le job !

Pourtant ne plus pouvoir avancer, lâcher prise et se résigner semblait une fatalité inévitable. Une épreuve de force, un bras de fer, s’engageait contre le doute. Le doute façonne ce mur de la résignation infranchissable prêt à s’écrouler en ensevelissant le peu d’énergie restante. Dans ces moments de détresse profonde on se sent envahi par la culpabilité. Projetés au milieu d’une arène intimidante, les mots parviennent difficilement à sortir. Des inconnus costumés d’une toge sombre vous observent calmement. Ils possèdent l’influence sur votre destin. Ce ne sont pas des pantins ridicules, gesticulant dans une place sans issue, mais des hommes de loi avec le pouvoir de vous mettre à terre ou de vous aider à vous relever. Lors des confrontations, dans un espace de temps réduit, il faut se battre contre le scepticisme de nos hôtes, démontrer la capacité d’autofinancement positive par le travail accompli et à venir, et prouver que « l’abattoir » n’est pas programmé. La FAL n’a pas baissé les bras. Les portes de l’arène se sont effacées. Elle a pu ressortir debout et confiante de son avenir.

Vouloir réussir à tout prix un projet, un défi ou un enjeu crucial, demande la volonté de se dépasser en réveillant une force mentale parfois insoupçonnée en nous. Les étapes sont souvent nombreuses et interminables. Les obstacles se succèdent, ne vous laissant aucun répit. Le déroulement du temps ne va jamais assez vite. Mais la clé existe : « laisser le temps au temps ». Le même temps que met inexorablement notre planète dans son périple autour du soleil. Certaines choses prennent du temps avant de se concrétiser et devenir réalité. Nous avons beau agir, prendre des décisions, avancer dans une direction, nous n’avons pas toujours le contrôle sur le temps que cela va prendre. On oublie que la réussite demande du temps et de la patience. Fort heureusement le temps ne se dompte pas ; laissons « le temps au temps ». La FAL a pris le temps.

Bonne année à notre belle planète bleue. Sachons la préserver.
Meilleurs vœux à tous et Bonne Année 2020.